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18/01/2013

"Bloodsports" - Drenge



Pas de longue dissertation surannée aujourd'hui, mais simplement un clip - le premier - d'un jeune groupe de Sheffield encore largement méconnu. La fougue des débuts se trouve ici réincarnée dans un riff de guitare travaillé qui rappelle, derrière les fins de phrases lascives du chanteur, les grandes chansons du blues/rock anglais. Et dans un clip à l'ambiance très "Parklife", on ne peut y voir que du bon !

S.


15/01/2013

Combien coûte une nuit avec Roxanne ?



Roxanne est certainement une des chansons les plus célèbres de Police ; c'est aussi, de manière tout aussi certaine, la prostituée la plus célèbre de l'histoire du rock. Et parce que Sting ne le précise pas dans le morceau, osons poser la question : combien coûte une nuit avec Roxanne ?

Sting reste bien avare de détails ; il faut dire, aussi, que Roxanne ne désigne personne en particulier. Inspiré par les prostituées qui s'alignaient dans une ruelle étroite illuminée par les néons hésitants d'un sex-shop crasseux lors d'un séjour à Paris, passé dans un hôtel miteux derrière la gare Saint-Lazare, Sting distingue deux catégories parmi ces filles de joie à la moue bien triste. Les plus agées qui, au dire du compositeur anglais, attirait l'essentiel de la clientèle et les plus jeunes, à l'expression encore innocente. Touché par cette candeur inattendue, Sting décide d'en nommer une Roxanne et d'écrire ce morceau... Mais pourquoi Roxanne en fait ?

"I have to tell you just how I feel
I won't share you with another boy"

Fasciné par une affiche d'une représentation théâtrale passée de Cyrano de Bergerac, Sting songe à ce pauvre Cyrano, fou amoureux d'une certaine Roxanne, qui ne lui rend pas. Et hop, le chanteur s'approprie cette histoire et le morceau est prêt. Mais pour éviter de pomper le scénario de M. Rostand de façon éhonté, Sting écorche sa plume et les moeurs par la même occasion : Roxanne sera cette prostituée qui traîne en bas de son hôtel ou la traînée qui se prostitue devant, au choix. Censuré par la BBC à cause de l'évocation du plus vieux métier du monde, rien ne laissait présager que Roxanne serait un tube. Et pourtant....

Mais cela ne répond pas à la question de départ. On va être franc une seconde, on a aucune idée des tarifs pratiqués par les grues qui arpentent les sorties de gare, et encore moins de ceux en vigueur dans les années 70. Mais comme "Roxanne" avait 20 ans il y a 30 ans, vous pourrez, avec un peu de chance, la trouver en plein travail au bois de Boulogne...Mais cela ne nous regarde plus.

S.


06/01/2013

Ulver : l'enfant prodige des années 60

      L'art de la reprise, très en vogue ces derniers temps, est chose complexe, sur laquelle nombre d'artistes se sont cassé quelques dents voire toute la mâchoire, au fil des années. Je me souviens notamment, et peut-être vous aussi, de "génération Goldmann", un album qui reprenait les tubes de notre cher JJG à la sauce absolue médiocrité. Album qui m'aura au moins gratifié de quelques dizaines de minutes d'hilarité avant que je ne saute à pieds joints sur le disque et n'aille consulter pour de graves dommages à l'oreille interne. Celà étant je ne suis pas là pour vous parler de ces 99,9% d'inepties musicales qui hantent les rayons de la FNAC, mais bien de ce petit bastion de génie qui résiste encore et toujours aux hordes zombifiées du mainstream le plus vomitif. 
      Les membres d'Ulver avaient toujours su, dans leur période progressive, tirer un maximum d'influences de leurs enfances dans les années 60. Mais jusqu'à présent  aucun de leurs albums n'avait pu transcender la beauté de ce qu'ont pu produire leurs géniteurs spirituels, se contentant d'être excellents au lieu de géniaux. Pour progresser il fallait carboniser au Napalm l'admiration enfantine, devenir enfin adultes musicalement et intellectuellement, l'ambition du groupe s'affiche désormais par ce simple titre d'album : "Childhood's end". Pour entamer ce voyage initiatique, le groupe décide de remplacer les standards de l'époque par les siens, de devenir plus grands en remaniant touche par touche leurs groupes et leurs rythmes favoris.

 
       Premier constat en regardant la track-list : je ne connais qu'un morceau sur les 16 proposés ("Today" de Jefferson Airplane). Après quelques instants de scepticisme je me dis que ce n'est pas bien grave, au contraire, je serais même plus objectif quant à la qualité intrinsèque des morceaux. J'écoute pour la première fois l'album dans la voiture avec le pote qui me l'a fait découvrir : "Ca tue hein?" me demande-t-il simplement. Je ne réponds pas, je suis scotché à mon siège, et plus encore à la musique qui sort de l'autoradio. Depuis, j'écoute le disque en boucle (alors même que j'écris cette chronique), et je cherche désespérément la faille. S'il y a bien une chose que le systême éducatif français m'a appris c'est que rien ne vaut 20/20, on peut toujours pinailler, mettre 19,5, trouver une faute d'ortographe, un mi-bémol juste-mais-un-peu-faux-quand-même, un synonyme en LV2 correct mais qui était dans la liste de vocabulaire pour jeudi et pas pour lundi. Chacun ses traumatismes scolaires... mon point, ici, est le suivant : on ne peut pas objectivement mettre moins que la note maximale. Je fais face dans mon entourage à un nouveau type d'épidémie :"je ne peux pas sortir ce soir, j'écoute Ulver". Et le plus incroyable c'est que personne ne viendrait mettre en doute le fait que cette excuse est parfaitement valable.


       Pour remédier à mon inculture crasse, j'ai écouté tous les originaux. Et force est de constater que tous les morceaux sont sublimés, deviennent "Ulveriens" à part entière sans pour autant perdre leur coté 60's tellement précieux. Tout ce qu'il me reste comme problème, puisque j'ai trouvé mon paradis musical, c'est de trouver seulement 2 morceaux à partager sur ce blog puis de trouver une chute. pour les 2 morceaux j'ai choisi (en m'arrachant le coeur), mais pour la chute je n'ai pas d'idées, et je dois me remettre au plus vite à 100% à mon écoute d'Ulver. Alors je vous met un troisième morceau, il parlera pour moi, et bien mieux que moi.


      A.L
      

03/01/2013

Fin de l'entracte

Parce qu'une grande chanson vaut mieux qu'un long discours, laissons parler les artistes : 

"Does anybody know what we are living for?"

Après une pause bien trop longue, nous sommes (enfin) de retour. Pas pour jouer un mauvais tour mais pour, fidèles à notre mission de départ, vous parler de ces morceaux et de ces artistes délaissés par les radios - pour le plus grand bonheur des Rihanna et compagnie, au grand dam de nos pauvres oreilles - et pour donner un avis un brin différent sur l'actualité musicale. Alors si vous êtes prêts... the show must go on !


03/05/2012

Le retour du roi



Alléluia, alléluia, Jack White est revenu. Après ses pauses Raconteurs et Dead Weather, le chanteur/guitariste/compositeur/producteur s'est décidé à se libérer du joug des groupes pour nous livrer un album solo, plus personnel. Car pour Jack White, il n'est plus question ici de faire ses preuves, mais bien de livrer sa version, son idéal de ce qu'est la musique, et plus particulièrement le blues. Et finalement, Jack White seul nous offre une synthèse mature de son travail effectué avec ses différents groupes et la mise en avant de deux instruments : la guitare saturée et un piano "old school".

Si Mister White n'a rassemblé toutes les pièces du premier morceau, force est de constater que cela n'empêche pas de réussir à la perfection son décollage. La guitare est toujours autant aiguisée, les limites vocales du seigneur sont atteintes pour notre plus grand plaisir et le clavier apporte une sorte de déséquilibre au morceau. Deuxième titre et deuxième explosion : premier single de l'album, Sixteen Saltiness est accompagné d'un clip à son image : étrange, violent, et malsain.



Le début du disque est donc marqué par une violence certaine, celle que les amateurs des White Stripes ne connaissent que trop bien, et il faut attendre Love Interruption pour calmer l'urgence croissante des premiers titres. Ce premier enchaînement de titres souligne justement le point fort de Blunderbuss : le disque ne souffre d'aucun morceau inutile et est parfaitement équilibré entre une grande intensité électrique (Freedom At 21, Weep Themselves To Sleep) et une douceur certaine, souvent associé par White avec des chansons ancrées dans la tradition Folk/Blues nord-américaine (Hip (Eponymous) Poor Boy, On And On And On). Finalement, Jack White signe une nouvelle oeuvre. Une de plus.


13/04/2012

Pour une fois...



En ce moment, on parle beaucoup de morceaux, le "Ghost" de Skip The Use et le "My Name Is Stain" de Shaka Ponk. Si je ne suis pas fan des groupes en général (ce qui ne veut pas dire qu'ils m'insupportent non plus), il faut bien avouer que les deux morceaux sont bien accrocheurs entre les choeurs d'enfants  du premier et les gimmicks vocaux répétés par les différentes voix tout au long du deuxième morceau. 

Alors évidemment, comme Internet est the place to be pour s'enflammer rapidement, on voit fleurir les commentaires du genre "quand on pense que les deux sont français, on peut dire qu'on sait faire de la musique dans nos belles contrées" (je vous dispense des fautes d'orthographe qui auraient dû se glisser ici et là...). Alors tout d'abord, avant de crier haut et fort "que c'est nous qu'on fait les meilleurs morceaux", rappelons plusieurs choses : 

1_ Matt Pokora, Colonel Reyel ou Indochine (pour faire dans le rock) sont français, Johnny est considéré comme un rockeur alors que cela fait 20 ans qu'il chante de la variété sans âme et je pense qu'en général notre pays fait plus de mal à la musique qu'il apporte sa pierre à l'édifice, sauf peut être au niveau de l'électro (Daft Punk, Phoenix, M83...), même si on a vu le mal que pouvait nous faire M. Guetta avec deux doigts sur un clavier.

2_ La dernière fois que la presse (Rock&Folk en tête - pour une fois que les Inrocks n'y sont pour rien, profitons-en) s'était enflammée sur une scène rock émergente en France, c'était pour les "bébés rockeurs" parisiens avec des groupes comme BB Brunes, Naast, les Shades, Second Sex ou les Plasticines. Aujourd'hui, alors qu'on peut juger sur la durer, on se rend compte que les Naast et Second Sex ont disparu, que les Shades et les Plasticines ont sorti un deuxième album dans la plus grande discrétion et que la carrière des BB Brunes s’essouffle maintenant que leurs fans atteignent la majorité.

Bien entendu ce post n'est pas là pour critiquer ce qui se fait en France (quoique...) et puis je peux le dire sans honte, j'apprécie le travail effectué par les Shades ou les Plasticines. Mais attention : avec Skip The Use et Shaka Ponk nous avons à faire à deux groupes du Nord de la France, que personne vienne dire, sous prétexte que deux bons morceaux émergent en même temps, qu'il y a un renouveau de la scène rock française venant de Lille. De plus, et contrairement à leurs confrères parisiens, ces deux groupes ont déjà de la bouteille et leur émergence est, somme toute, due à leur persévérance et non pas à une chance ou un piston bienheureux. Sur ce, je vous laisse apprécier ces deux titres : *




20/03/2012

Les titres de la semaine

Pas d'originalité aujourd'hui dans cet article, par respect d'une actualité musicale plutôt molle ces temps-ci, et on va juste se contenter de balancer deux morceaux de qualité pour vous égayer encore un peu plus pendant ces beaux jours qui annoncent le printemps.

Le premier titre annonce lui autre chose, à savoir le retour de Miles Kane, qui a balancé le premier titre d'un EP qui sortira fin avril à l'occasion du fameux Disquaire Day. Quittant un peu le registre pop de son premier (et dernier) album, l'Anglais nous livre un titre plus nerveux, se rapprochant de ce qu'il avait fait avec Last Shadow Puppets. 



Le deuxième morceau est loin d'être une nouvelle chanson, car les fans de The Horrors auront noté qu'elle est présente sur le dernier album du groupe. Mais, petite nouveauté, la chanson est désormais parée d'un clip bien psyché, qui met particulièrement bien en valeur la qualité de la chanson, dont le clavier de l'intro aurait très bien pu être emprunté à Joy Division : 



16/02/2012

Du nouveau pour Joy Division ?

Le cuisinier anglais Jamie Oliver, lors des travaux précédant l'ouverture prochaine d'un nouveau restaurant, a trouvé dans sa cave un bien beau trésor : 1,3 million d'euros d'or, de bijoux et d'armes à feu. Mais parmi toutes ces bien belles choses se trouvait aussi des enregistrements originaux de Joy Division et de New Order... En attendant de trouver dans sa propre cave (on a de l'espoir), on se met à espérer que toutes ces bandes contiennent d'éventuelles raretés ou exclusivités. On attend et, en attendant, on réécoute le groupe !


13/01/2012

Bad Mark (Knopfler) for France

La France vient de perdre son AAA ? Si elle ne veut pas se retrouver in the dire straits, le gouvernement a intérêt à trouver de la money for nothing...




06/01/2012

Quand les marionnettes sortent de l'ombre





Depuis 2008 et la sortie de leur unique album, on attendait avec impatience des nouvelles du groupe formé par Alex Turner et Miles Kane. C'est aujourd'hui chose faite puisque Miles Kane, actuellement en tournée avec le groupe de collègue, a déclaré "qu'un nouveau disque sortira quand le moment sera le bon (sic), peut-être en fin d'année ou l'année prochaine (ouf)". Cela peut sembler lointain, mais si les nouveaux enregistrements sont aussi bons que les morceaux du premier opus, alors il y a des raisons de s'impatienter.


Pour rappel, le premier LP "The Age Of The Understatement" avait été enregistré par le fameux producteur James Ford et avec des arrangements pour cordes composés par le violoniste Owen Pallett (Arcade Fire, Final Fantasy). Un casting de jeunes premiers (Alex Turner fête ses 26 ans aujourd'hui) qui avaient réussi à sortir un album à la fois rock et classe (à l'image de l'artwork de l'album), jamais pompeux malgré tout les effets développés par l'orchestre.


Propulsé par ce single éponyme très efficace, "The Age Of The Understatement" avait atteint dès la première semaine de sortie le sommet des charts britanniques,une habitude avec le prolifique Alex Turner... On sera donc à l'affût de toute nouvelle qui tomberait à propos des futurs projets des deux ''marionnettes''. En attendant, on se délecte encore de la richesse du premier album, et notamment du rétro mais très beau "My Mistakes Were Made For You" : 





21/12/2011

Le crime parfait

    Identité : Fun Lovin' Criminals. Motif : faire de la bonne musique. Verdict : coupable. 

    Formé en 1993 à New-York, ce groupe est pour le moins intrigant. Il est tout simplement impossible de le classer dans une catégorie musicale précise (l'on pourrait parler de hold-up stylistique...) ! Sur une chanson, l'on peut balancer entre le rock pur et dur et le hip-hop. Sur un album entier, on se perd entre les sonorités funk, rap, pop, voire jazz ! La musique des FLC est une fusion, un métissage grandiose de tout ce qui se fait de mieux en terme de style musical depuis un demi-siècle.

    Ce n'est pas chose aisée de puiser dans une demi-douzaine de genres musicaux pour aboutir à quelque chose de neuf, d'audible, à quelque chose qui ne soit surtout pas un mélange confus et imprécis. Ça l'est encore moins lorsque les vaillants artistes qui veulent relever ce défi ne sont que trois ! Pour ceux qui voyaient en les Fun Lovin' Criminals une bande plus massive, au réseau plus étendu, je suis désolé de leur apprendre que FLC, c'est surtout du chant, une guitare (rôle tenu par Huey Morgan), une basse (Brian Leiser), une batterie (Steve Borgovini) et quelques platines. Comme quoi, pas besoin de bataillons d'instruments pour composer de la musique qui se veut un petit peu circonstanciée !

   En somme, les Fun Lovin' Criminals, en sous-effectif pour des compositions surprenantes et survoltantes, nous font goûter depuis 18 ans à leur talent de l'arrangement. Depuis 18 ans, le crime - organisé - n'a jamais été aussi joliment défendu.

Scooby Snacks
Titre phare des FLC
Ecoutez attentivement les voix, il y a du Pulp Fiction là-dessous !

18/12/2011

2006 : The Fratellis fraternisent avec le succès

     Qui aurait cru que les membres de The Fratellis, groupe évoquant à première vue une chaleur et un exotisme particulièrement latins, n'étaient autres que de bons vieux écossais de Glasgow ? En réalité, le nom The Fratellis est une petite référence à la famille de méchants malfrats sévissant dans le film The Goonies : peut-être un film de chevet pour les musiciens ? Côté effectifs, le groupe mise sur la simplicité et l'efficacité, en la présence de ses trois membres : Jon Fratelli à la guitare et au chant, Barry Fratelli à la basse et Mince Fratelli à la batterie. Un power trio élémentaire comme l'histoire du rock les aime ! Fondé en 2005, dissout en 2009, on ne peut pas dire que le groupe a battu des records de longévité, mais qu'importe, nous sommes là pour discuter musique ! 
     En effet, plus que des raisons qui ont poussé The Fratellis à se nommer ainsi, j'aimerais vous parler de leur musique, en particulier de leur premier album, Costello Music qui, sans en avoir l'air, représente tout de même 50% de la discographie du trio... 


     Rien qu'à la vue de la pochette de l'album, on comprend facilement les prétentions des Fratellis : faire du bon rock, tout en s'adonnant aux plaisirs de la chair et de la boisson, très finement symbolisés ici. L'idée est plaisante et reste fidèle aux principes édictés par nombre de groupes rock légendaires du passé. Les écossais semblent être à contre-courant des groupes actuels, souvent trop "people". 

     Les chansons présentes sur Costello Music tiennent les promesses engagées par sa pochette. Dès la première écoute, en présence d'Henrietta, nos tympans n'ont qu'à se laisser caresser par un riff de guitare finement distordue, appuyé par une section rythmique vivante et vivifiante, le tout complété par quelques cuivres. La voix aiguë (qui n'est pas sans rappeler parfois celle de Jack White) de Jon Fratelli finit de nous convaincre : nous avons affaire à un très bon début d'album.  Cette impression est confirmée à l'écoute de la suite du disque : The Fratellis se montrent doués dans la composition de titres très rock, très dynamiques, tels qu'Henrietta, Flathead (chanson phare de l'album) ou Chelsea Dagger, pour ne citer que ces chansons là. Voici pour vous la démonstration du talent incontestable des écossais :

Chelsea Dagger

     Il faut également avouer que les trois écossais sont bien entourés lorsqu'il s'agit de réaliser un clip... Mais n'allons pas croire que The Fratellis ne sont que de légers obsédés un brin voyeurs (après tout, qui ne l'est pas ?) !! Non, ces messieurs savent se montrer romantiques, et écrire des balades touchantes telles que Whistle for the Choir ou encore... Ah non, en fin de compte, sur 13 chansons, il n'y a qu'une seule balade. Le reste est définitivement rock n' roll, ce qui n'est pas sans nous déplaire puisque le trio affiche un savoir-faire dans ce genre de composition ! 
     Sur l'ensemble de Costello Music, The Fratellis procèdent, semble-t-il, de la même manière pour composer : un tempo élevé et enlevé, avec une batterie qui joue essentiellement sur les temps en alternant grosse caisse et caisse claire et coups de cymbale crash. Ajoutons à cela une basse dynamique, jouée au mediator, qui fait souvent office de deuxième guitare pour remplir l'espace sonore et Jon Fratelli n'a plus qu'à déposer ses riffs accrocheurs, souvent accentué par des cuivres discrets, et sa voix aguicheuse. La recette du succès n'a jamais été aussi simple !

     Si à l'écoute de l'album entier, certains pourront reprocher au Fratellis de se répéter par moment, on ne peut nier le fait que les trois écossais nous ont offert un disque qui, en gardant comme mots d'ordre l'énergie et le dynamisme, nous ramène aux meilleures bases du rock'n'roll. En ces temps pour le moins difficiles pour ce genre musical, mes amis, Costello Music des Fratellis est une bouffée d'air pur.


Flathead


14/12/2011

N'est pas primal qui veut...

     Mes amis, intéressons-nous aujourd'hui à une belle chanson. Une chansons historique, devrais-je dire, plutôt ! Je veux parler d'un bijou que les écossais de Primal Scream, menés d'une main de fer par le grand Bobby Gillespie, se sont décidés à nous léguer il y a déjà vingt ans : arrêtons là le suspense, il est question ici de Loaded, septième piste de l'album Screamadelica


     Quand j'en viens à faire de longs monologues au sujet de Primal Scream, il m'est impossible de ne pas songer à toutes ces années où, sans avoir écouté une seule composition du groupe, j'étais persuadé, influencé uniquement par le sens du nom "Hurlement Primal", qu'il s'agissait d'un groupe obscur, fervent représentant de je ne sais quelle branche de death ou black metal (sauf le respect de tous les amateurs de ce type de musique très riche)... Vous conviendrez à l'écoute du titre Loaded que Primal Scream est un groupe un poil plus délicat que son nom le laisse supposer. A vrai dire, Primal Scream est fondamentalement indie rock, avec quelques teintes pop, mais les écossais ne se sont pas privés de se mouiller au début des années 2000 dans des sonorités plus électro. Enfin passons, nous nous éloignons à grand pas de Loaded.

Loaded

     Loaded mérite une place particulière dans l'histoire du rock. Premièrement, il est rare, et de ce fait plaisant, de voir un groupe rock utiliser des samples pour créer de nouveaux morceaux. Primal Scream affiche clairement son image d'original du rock n' roll en n'hésitant pas à se sampler soi-même. Ainsi Loaded présente des ressemblances flagrantes avec une autre chanson du groupe, à savoir "I'm Losing More Than I'll Ever Have". On parle ici de ressemblances pour ne pas dire que le riff principal des deux chansons est exactement le même ! Certains verront dans ce processus une façon de recycler ses bons morceaux, d'autres une solution un peu ridicule face au manque d'inspiration... A chacun son point de vue !

      Deuxièmement, il n'y a pas que dans ses propres tiroirs que Primal Scream se sert pour enrichir Loaded. Si, l'enchaînement des notes vous a sûrement déjà évoqué le mythique "Sympathy for the Devil" des Rolling Stones, vous n'avez peut-être pas entendu la ligne de basse du stone Bill Wyman tenir l'arrière-plan sonore de Loaded. Pour compléter la section rythmique, ajoutons que le son de batterie présent sur le morceau dérive tout droit d'une chanson beaucoup plus anonyme : "What I am", d'Edie Brickell.

     En fin de compte, qu'est-ce que Primal Scream a réellement inventé sur Loaded ? C'est une bonne question, puisque même les paroles sont "inspirées" de dialogues déjà existants... La véritable force, le véritable génie de ce morceau réside dans l'habileté qu'ont eue Bobby Gillespie et sa bande à organiser, assembler, arranger entre elles les bribes de chansons qu'ils avaient en leur possession. Le résultat s'en trouve exquis. 
      

11/12/2011

Crash Kings, au sommet de l'évolution du rock

         Donnons aujourd'hui un coup de projecteur sur un groupe pour le moins original. Mes amis, je veux bien sûr parler des américains du band rock Crash Kings. Comment définir le groupe en quelques mots ?

     Tout d'abord, Crash Kings, c'est un trio relativement original puisqu'il comprend un claviériste-chanteur (Antonio Beliveau), un bassiste (Mike Beliveau, son frérot), et un batteur (Jason Morris). Je vous entends déjà dire "ben alors, quid de la guitare ?", avec raison, d'ailleurs. En effet, quand on se veut rocker pur souche, dans la veine des grands groupes du siècle passé (ils citent volontiers Led Zeppelin, Queen, Deep Purple, The Beatles parmi leurs influences majeures - ils parlent également de Wham! en tant que petit péché mignon -), il semble incroyable de chercher à se passer de l'instrument qui est très souvent reconnu comme l'arme rock par excellence. Peu importe pour les trois californiens, Crash Kings est un "piano-rock trio", comme ils se plaisent à le répéter dans leurs interviews.


        Le groupe perpétue résolument l'héritage rock dans sa façon d'être, également. En témoigne son nom Crash Kings, qui a été prononcé lors d'une conversation entre les deux frères Beliveau au sujet du nombre incroyable d'accidents de voitures desquels ils sont réchappés : Rock n' Roll !        

        Une des spécialités du groupe réside dans ce goût, ce talent pour la reprise. A trois, les Crash Kings rivalisent d'ingéniosité technique pour réaliser des covers plus que réussis. Ce n'est plus un simple plaisir musical, c'est un spectacle visuel et auditif. Du génie à l'état pur, particulièrement dans l'utilisation d'effets - souvent réservés à la guitare - pour alourdir le son du clavier, voire celui de la basse. Crash Kings mise sur l'efficacité. 
      Voici pour appuyer mes dires un petit aperçu de ce que ces trois gars savent faire : un medley d'anthologie...

Evolution of Guitar - With No Guitar II


       Le trio est encore très récent : formé en 2006, il n'a sorti pour le moment qu'un album éponyme en 2009 qui a reçu un succès critique et commercial plutôt encourageant. Les Crash Kings sont encore jeunes et fringants et nous réservent donc encore bien des surprises pour l'avenir !

10/12/2011

Les albums de 2011 : El Camino



Depuis 2002 et la sortie de leur premier album, les Black Keys ont été très prolifiques - El Camino est le septième album du duo américain – mais la quantité n’a jamais pris le pas sur la qualité. Et cette règle est, encore une fois, respectée sur El Camino : 11 chansons de très bonne facture pour 38 (trop petites) minutes de bonheur. 38 minutes entraînantes, presque dansantes parfois (Lonely Boy), mais à aucun moment les deux hommes du Midwest  ne renient leurs racines bluesy.

Pourtant, les plus fervents fans des Black Keys avaient de quoi être sceptiques avant la parution de l’album. Beaucoup avaient peur d’un rapprochement vers la facilité pop, après le succès un brin inattendu de leur précédent album Brothers. L’association avec le producteur Danger Mouse avait aussi de quoi surprendre, puisque la moitié de Gnarls Barkley n’est pas un habitué du genre. Mais les craintes se dissipent vite à l’écoute de l’album : Danger Mouse a laissé les deux boys d'Akron s’exprimer et a rendu, comme à son habitude, une très belle copie à la production, sobre, avec une prise de son impeccable.

Ce qui est intéressant, c’est la façon dont le groupe a enregistré ce disque : ils sont arrivés en studio sans textes et sans mélodies. Tous les morceaux d’El Camino ont le point commun d’être issus de jam sessions faites au studio. Alors qu’on aurait pu avoir le droit à 4 chansons de rock progressif de 12 minutes, les deux musiciens ont conservé un format « pop », sans altérer la richesse de l’album. Car, et c’est cela le plus l’important, la musique du duo américain s’exprime pleinement sur ce disque. Le rythme est soutenu, les guitares sont crunch, les claviers bien vintage et l’autodidacte Patrick Karney s’éclate derrière ses fûts autant que Dan Auerbach nous hypnotise de sa voix si particulière.

L’album commence fort avec Lonely Boy, premier single de l’album à la guitare nerveuse, au clavier entrainant et au refrein accrocheur. Un hit qui pourrait bien devenir le titre phare qui manquait à un groupe souvent comparé à des «White Stripes sans Seven Nation Army ». Le reste de l’album est plus homogène, mais la barre est toujours placée aussi haut. Seule véritable «pause » de l’album parmi tous ces blues modernes et agités, Little Black Submarines étonne et détonne : après deux minutes bercées par la guitare séche et le chant de Dan Auerbach, le groupe remet le courant pour une reprise électrique de la mélodie. Grandiose. Et le reste de l’enregistrement est presque de la même facture…




Les Black Keys sortent donc un très bon disque qui sonne vintage tout en restant résolument moderne. Sans rien inventer, les Black Keys ne réécrivent pas ce qui a été fait dans le passé : car le talent de ce groupe réside bel et bien dans leur personnalité : peu d’artistes peuvent, à l’heure actuelle, se targuer d’avoir un style  aussi affirmé et aussi facilement reconnaissable que celui des Black Keys. Après le succès critique, il ne manque plus que le succès commercial. A bon entendeur.

09/12/2011

Aerosmith & Run-DMC : Walk This Way prend de l'allure

    Parce que nous avons tous côtoyé à une certaine époque de notre vie des personnes un brin bornées en matière de musique. 

    Parce que nous avons longtemps cru qu'il était de bon ton de rester fidèle à un seul genre musical.

    Parce qu'au fond, c'est rassurant de se tenir à un seul style de musique, comme une petite routine.

   Parce que, de ce fait, nous en venons à croire que les genres de musique que nous n'écoutons pas sont "inférieurs".

     Parce que nous avons déjà trop entendu, voire dit, des blasphèmes du type "J'urine sur le rock n' roll" / "Je défèque sur le rap" (version soutenue).

   Parce que dans l'imaginaire de beaucoup de monde encore, ces deux musiques sont et resteront antagonistes.

     Pour toutes ces raisons, en 1986, les géants du hard rock Aerosmith et la valeur montante du rap de l'époque Run-DMC décidèrent de briser les idées reçues en deux-trois coups de samples placés avec bon goût. Grandiose.


Aerosmith & Run-DMC - Walk This Way  
Co-produit par Rick Rubin

     

04/12/2011

1970 : Tout allait bien pour Free

     Comment pourrions-nous omettre de consacrer ne serait-ce que quelques lignes à une chanson qui n'a pas encore fini de faire hocher les têtes de tout amateur de rock 60's qui se respecte ? Ce soir, c'est donc de Free, et de son titre phare All Right Now, que nous allons parler ! 

      A titre d'information, avant de vous procurer un doux plaisir auditif à l'écoute du groupe, sachez que Free est un groupe britannique, qui a vécu une carrière éclair de cinq années. Cinq années durant lesquelles il faut dire que les anglais n'ont pas chômé, niveau composition. Avec quatre albums studio et deux lives de sortis durant ce court laps de temps, Free a fait les choses "vite fait bien fait", conformément à la bonne vieille expression. Mais, si nombre de chansons du groupe méritent d'être écoutées et ré-écoutées, All Right Now se distingue tout de même franchement du reste du lot.

     En juin 1970, Free sort son troisième album Fire and Water, qui contient en septième et dernière piste la chanson que vous devinez tous maintenant. Explosion, joie, allégresse, la maquette séduit et confirme la bonne impression que le grand public avait du groupe. All Right Now, chanson rock plus qu'efficace, n'est pas pour rien dans ce succès. Le riff de guitare relativement simple tenu par Paul Kossoff est ravageur, tout comme le chant suave de Paul Rodgers. Mention spéciale au jeune bassiste Andy Fraser qui, du haut de ses 17 ans, nous propose une ligne de basse irrésistible, à son apogée sur le pont du morceau. Du gros son, point barre.

     Voici donc rien que pour vous, mes amis, une grande chanson, d'un grand groupe, à écouter sans retenue, et qui ne peut que nous faire regretter la triste année 1973, date du choc pétrolier, certes, mais aussi du split de Free, déchiré intérieurement par les problèmes de drogues de Kossoff (qui mourra trois ans après). 




Free - All Right Now
    

27/11/2011

Let Lenny Rule

Autant bien faire les choses dès le début :


     Voici donc pour régaler vos petites oreilles, chers compagnons, un morceau magnifique, petit chef d'oeuvre qui fête à peine ses 22 ans d'existence en ce bas monde. Je ne parle pas du piercing "Prince Albert" qui orne l'extrémité de notre ami Lenny Kravitz, mais bien sûr de cette chanson - Let Love Rule -, première claque musicale que l'américain a daigné nous infliger. Oui, Let Love Rule est un morceau qui envoie, et ce pour des raisons qu'il convient de démontrer :

     Notons tout d'abord que cette chanson est extraite du premier album (l'album Let Love Rule, sorti en 1989) d'un Lenny Kravitz tout frais, tout jeune, du haut de ses 25 printemps, et aux influences musicales bien trempées. Fasciné par la musique et les sonorités des années 60, il a la merveilleuse idée d'enregistrer ses premières compositions "à l'ancienne", c'est-à-dire en faisant fi des technologies modernes et froides pour privilégier les bons vieux amplis et micros à lampes. Vous constaterez avec moi, chers amis, que le choix fut pour le moins génial puisqu'une des qualités indéniables de Let Love Rule est cette chaleur sonore à laquelle on ne peut résister !

     D'un point de vue instrumental, cette chanson est une réelle gourmandise. On ne saurait se passer de cet orgue Hammiond qui lui confère tout son aspect Soul / Vintage, clavier qui vient soutenir un groove retenu, mais ô combien efficace, délivrée par la section rythmique. Ajoutez à cela une pincée de guitare électrique maîtrisée à la perfection, et un solo de saxophone tout simplement ahurissant, et vous voilà munis de tous les ingrédients nécessaires à la création d'un morceau d'anthologie. Permettez-moi s'il vous plaît d'ajouter que Mr Lenny Kravitz, déjà multi-instrumentiste à l'époque, est crédité de l'enregistrement de chaque instrument (à l'exception du saxo et de l'orgue, il y a quand même des limites) . Chapeau bas. 

     Enfin, dernier point (je me censure et me limite à trois parties), Let Love Rule, comme quelques chansons des années 60-70, est un morceau intemporel. Cette chanson ne prend pas une ride avec le temps (à l'image de son compositeur, serais-je tenté de dire, mais l'on me créditerait déjà de Kravitzophile) ! Il n'y a qu'à voir sur la vidéo ci-dessus comment Lenny Kravitz, secondé par son fidèle guitariste Craig Ross et le reste de ses troupes, récite sa leçon. Louons le talent de ces artistes qui parviennent à faire d'une chanson groovy mais plutôt intimiste une arme de destruction massive pour les grandes scènes. Pour l'avoir entendu moi-même à son concert il y a de cela un bon mois, je peux vous le dire Lenny Kravitz a inventé une merveille sonore. Amen.