Affichage des articles dont le libellé est 00's. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 00's. Afficher tous les articles

24/05/2012

Normands en vacances en Italie



Après une relative période d'inactivité, nous revoilà pour toujours trouver les musiques rares, que l'on entend plus, ou plus assez. Le morceau d'aujourd'hui n'est pas très vieux, et s'il parle de cyclisme, je n'ai pas pu me permettre d'attendre le début du Tour de France pour vous la poster ; il s'agit de Rimini, chanson hommage des Wampas après le décès par overdose du coureur  cycliste Marco Pantani. Pour une fois, les Wampas abandonnent leur punk criard pour faire dans la simplicité et l'efficacité ; pari réussi.



01/05/2012

Fête du travail



Aujourd'hui a beau être un jour férié, un nouveau post est pour le moins obligatoire après une semaine plutôt calme... Rendons alors hommage au thème du jour: le travail. 

Jeunes rémois élevés à la pop la plus basique, aux choeurs des 60's et au psychédélisme le plus aliénant, The Bewitched Hands nous offre, depuis quelques années un rock subtil mais prenant, à l'image du titre du jour, Work, figure de proue de leur très bon premier opus Birds & Drums. Malheureusement trop méconnus, en espérant qu'un futur disque changera la situation, le groupe est à l'image d'un Reims renouveau sur le plan musical, mené par ce sextuor, Yuksek ou autre The Shoes. Le tout faisant même déclarer au terrible Philippe Manœuvre que Reims était devenu "la capitale française du rock". 


10/04/2012

Les chiots de Perpignan



Ces temps-ci, une fois n'st pas coutume, on retrouve pas mal de rockers français sur le blog et ce post là ne dérogera pas à cette règle temporaire. Les élus du jour sont les Hushpuppies, quintette tout droit venu de Perpignan pour délivrer un rock garage pêchu. Auteurs de trois albums, je ne parlerai pas du dernier (The Bipolar Drift) sorti l'année dernière que je trouve décevant au vu des ambitions développées sur les deux premiers.

Je n'ai pas grand chose à dire sur leur musique, vivante, énergique, emmenée par des singles efficaces, un chanteur qui a envie de crier et un clavier discret ajoutant la subtilité qu'il faut à un genre qui n'est pas forcément coutumier de cette subtilité...

Si le groupe s'est fait remarquer par des chiffres de vente honorables et une place à la radio non négligeable à l'époque de leur premier disque, le parcours du groupe est symptomatique des maux du rock hexagonal et de la frilosité des maisons de disque : pour survivre, malgré leur popularité, les 5 garçons ont vendu deux de leurs titres à des publicités (dont le terrible You're Gonna Say Yeah pour Mennen) et ont dû créer leur propre label pour pouvoir sortir leur dernier album, malgré le succès de leurs précédents opus.


Justement, sur ces deux premiers disques plutôt inégaux, il faut se focaliser sur les singles, puissants : Single, Bad Taste And Gold On The Doors ou encore Moloko Sound Club. Autant de petites perles que je vous laisse écouter sur le champ, après avoir souligné (quand même) le clip très réussi présent ci-dessous : 



02/04/2012

Explorons le cosmos avec les Espagnols


Allez on commence la semaine avec un clip datant de 2010, passé relativement inaperçu malgré la qualité sonore et visuelle de la chose. El Guincho est un des rares artistes espagnols, dans le monde du rock/indie, qui arrive à faire parler de lui hors de la péninsule ibérique. La dernière fois qu'un morceau en provenance d'Espagne avait fait un tel chemin, c'était le single des Sunday Drivers, On My Mind.

Ce côté méditerranéen est justement le point fort de l'artiste. Mélangeant avec passion des rythmes ensoleillés venant d'Afrique ou de sa contrée natale avec des influences de rock indé anglais et le côté dance des hits du début des eighties, le musicien fait mouche en associant ce subtil - mais étrange - cocktail à un clip aguicheur et totalement fou, à l'image de sa musique illuminée, débridée et un tantinet mystique. 






24/02/2012

Le prince de la reprise


     Jamie Lidell. Ce patronyme ne vous dit peut-être pas grand chose. Encore peu connu du grand public, ce britannique de 28 ans n'est pourtant pas dénué de talent. Si ces premiers albums sont assez - disons - difficiles à appréhender, le virage très soul qu'il a emprunté ces dernières années est tout simplement un régal. 

     Trève de bavardages sur le parcours de M. Lidell. Si nous parlons de lui ici, c'est pour un savoir-faire très particulier qu'il possède. Le don de la reprise originale. Qui d'autre aurait été assez imprudent pour oser reprendre le grand Prince en personne ? Et pas n'importe quelle chanson, s'il vous plaît : Kiss, pur ovni groove qui continue à traumatiser des générations !! Dans la vidéo ci-dessous (généreusement offerte par Taratata), Jamie Lidell et ses musiciens en font un bel objet jazzy, à écouter au coin du feu, en swinguant, noeud papillon défait. Mention spéciale au bassiste qui agrémente de sympathiques soli le morceau. Cela nous ferait presque oublier la présence inutile de Yelle !



23/02/2012

Et la machine resta secrète



Il y a des groupes qui, malgré tous leurs efforts, toute leur bonne volonté, tout leur talent, sont condamnés à rester à tout jamais dans l'ombre, pour ensuite aller hanter les rives du Styx avec leurs regrets et plus plates lamentations. D'autres, au contraire, se contentent de cette situation et préfèrent se tourner complètement du côté de l'art. C'est le cas de Secret Machines, un groupe formé en 2000 à Dallas, Texas, Etats-Unis.

Après deux albums indie plutôt salué par la critique (Now Here Is Nowhere & Ten Silver Drops) mais boudé par le public, le groupe a bien compris que le succès n'était pas pour eux. Il faut dire aussi que, malgré de très bons morceaux, leurs albums sont trop irréguliers pour jouir d'une ferveur légitime. Très floydiens dans leur musique, les trois membres ont donc décidé de bannir toute intégrité commerciale puisque cela les menait nulle part. Ils ont donc fait appel au réalisateur français Charles de Meaux pour filmer un concert donné dans le concert texan devant...personne.


En effet, le concert était donné près de Marfa, une ville texane connue pour ses apparitions lumineuses mystérieuses, et donc souvent associée avec les apparitions extra-terrestre. Surement inspiré par le Live à Pompéi des Pink Floyd, le concert est sorti en 2008 sur un DVD très difficile  à se procurer : "Marfa Mystery Lights, a concert for the UFOs". Plus qu'un concert ou un rockumentaire, c'est un panorama sur la ville et le groupe, présenté sous une forme assez conceptuelle, comme une véritable oeuvre d'art. Pour preuve : le live commence lorsque le soleil se couche.

Après cette pause et quelques problèmes en interne, le groupe a ressorti un troisième album la même année, intitulé sobrement Secret Machines. Moins efficace que les autres, malgré la pépite Atomic Heels, le groupe n'a pas donné de nouvelles depuis. Enlevé par les aliens, peut-être.



19/02/2012

Du velours pour nos oreilles

     Si le nom Velvet Revolver peut ne rien vous évoquer, à première vue, sinon une réflexion à la con du type "tiens, ça ressemble à Velvet Underground !", gageons que vous connaissez un minimum les membres de ce groupe. Pour faire court, Velvet Revolver est ce que l'on a l'habitude d'appeler un supergroup de hard-rock, c'est-à-dire un groupe formé de légendes vivantes de la musique qui décident d'unir leurs forces au service d'une cause commune, d'un objectif louable : régaler nos oreilles. Ici, ce sont trois pointures des Guns N' Roses, à savoir Slash (lead guitare), Duff McKagan (basse) et Matt Sorum (batterie), qui se sont jointes en 2002 au guitariste Dave Kushner et au chanteur Scott Weiland, connu pour ses années de service au sein des Stone Temple Pilots. A priori, cette formation sent très très bon !


    Avec un tel groupe, tous les fans déçus des frasques d'un Axl Rose consternant, désormais seul maître à bord au sein du navire-fantôme GN'R, reprennent espoir. Slash et sa bande nous offriront-ils de nouvelles pépites, aussi précieuses que les Welcome to the Jungle, November Rain, etc etc ? En tout cas, Scott Weiland semble avoir la carrure pour accomplir la tâche difficile de succéder à Axl Rose. C'est du moins ce qu'estime Slash : 


"I just thought he was a great singer, and he'd always been on my mind for this band. He was the one vocalist that I knew had the kind of voice that would serve what we were going to do: he had a John Lennon-ish quality, a little bit of Jim Morrison, and a touch of almost David Bowie. He was the best singer to come out in a long time in my opinion."

Slash à propos de Scott Weiland


     Inutile de dire que le début de la décennie 2000 s'annonce sous le signe de l'excitation.


    2004. Le premier album du groupe, sobrement intitulé Contraband, sort de l'ombre. Pour ne plus jamais y retourner. L'album, porté par des morceaux nerveux, est un succès commercial monstrueux. Voici une petite mise-en-bouche pour vous montrer l'esprit de ce premier LP.

Slither 

      A l'écoute de ce premier morceau, le premier publié en single par le groupe, on devine les intentions du Velvet Revolver : envoyer du très gros son. Le son, tiens, parlons-en ! En entendant Slither, vous aurez peut-être remarqué que l'on est à des années-lumières du style des Guns N' Roses. Eh oui, pour ceux qui espéraient en fin de compte un GN'R bis, les risques de déception sont élevés, Velvet Revolver prospecte ailleurs que sur les sentiers bien battus du hard-rock des 1980's - 1990's ! On n'avait rarement vu Slash faire sonner sa Les Paul avec un accordage "Open Ré", technique réservée aux plus métalleux, au sein des Guns ; c'est pourtant l'accordage qu'il s'octroie pour le riff surpuissant de Slither. De même, on n'avait jamais vu le bassiste Duff McKagan se servir d'effets avant d'entendre le lourd Big Machine, à la ligne de basse truffée de distorsion... Un régal !!

     La force de Contraband ne réside pas seulement dans ses chansons bien hard, où les effets de guitare se superposent pour donner encore plus de poids aux morceaux, mais aussi dans ses ballades. Fall to Pieces, You Got No Right, Loving The Alien : c'est un véritable casse-tête de choisir une chanson à vous faire écouter et qui surpasserait les autres tant le niveau général de l'album est élevé...

Fall to Pieces

     En fin de compte, si l'on veut l'affilier au style d'un groupe en particulier, l'album Contraband ressemble plus à du Stone Temple Pilots qu'à du Guns N' Roses, chose pour le moins surprenante : il est rare de voir un chanteur autant influencer le style d'un disque. La situation changera-t-elle pour le deuxième album ?

   2007. Le second album du groupe sort à son tour, sous le nom Libertad. Si les cinq Américains avaient prévu au départ d'enregistrer avec le non moins connu Rick Rubin, la façon de travailler de ce dernier les a poussés à se tourner vers une autre pointure de la production : Brendan O'Brien. Le résultat est à la hauteur des attentes du public : les Velvet Revolver signent leur second succès commercial et ce, à juste titre.

   En effet, le premier single sorti annonce de nouveau la couleur : noyer nos oreilles de gros son. La chanson She Builds Quick Machines est un concentré de morceaux de guitare efficaces au son scientifiquement réglé. Ajoutez à cela la frappe astronomique de Matt Sorum, et vous obtenez les bases pour composer un grand morceau de hard-rock actuel. Mr. Weiland n'a plus qu'à poser sa voix impeccable sur le tapis instrumental que lui dressent ses collègues. On dira ce qu'on veut, mais inventer de grandes chansons, c'est un savoir-faire que maîtrisent les Velvet Revolver. Au même titre que tourner des clips à la Mad Max, d'ailleurs...

She Builds Quick Machines

     La recette de Libertad est si semblable à celle de Contraband que je suis contraint de me répéter. La force de ce second EP réside aussi bien dans ses morceaux bien lourds tels que She Builds Quick Machines, Let It Roll ou Get Out The Door que dans ses ballades plus calmes, comme The Last Fight ou Gravedancer.

The Last Fight

     Avec deux albums à ce niveau d'excellence et de succès commercial, on pouvait imaginer que l'ambiance était plutôt bonne au sein du supergroup. Pourtant, dès 2008, certains détails comme l'annonce en concert de "la dernière tournée de Velvet Revolver" par Weiland, démentie quelques jours après par Slash, ou la déclaration dans la presse du même Scott Weiland des problèmes d'ego et de jalousie au sein du groupe, illustrent les problèmes internes de VR. Scott Weiland quitte officiellement le groupe pour se joindre à la reformation des Stone Temple Pilots : où il n'aura peut-être pas à partager son leadership ?

      2012. L'impensable se produit : les Velvet Revolver se réunissent à nouveau à l'occasion d'un concert caritatif, grâce à une subtile manipulation du guitariste Dave Kushner, qui ne demande qu'à voir le supergroup continuer sur sa lancée de la décennie précédente... L'avenir nous dira si le simple plaisir de jouer ensemble peut avoir raison sur les histoires d'ego entre super rock-stars !



05/02/2012

Son of Dave, patriarche du sample

     Son of Dave n'est plus à présenter : imperméable sur les épaules, chapeau vissé sur la tête, cet homme respire les années 30. Mais les apparences sont trompeuses, la musique du Canadien est à des lieues d'un quelconque style vieillot d'avant-guerre. Armé de quelques percussions, d'un harmonica et d'un échantillonneur, Benjamin Darvill, alias Son of Dave, sévit seul sur scène depuis maintenant douze ans, avec pour unique objectif celui de nous démontrer avec succès qu'il est possible de faire des chansons relativement complexes avec peu de moyens mais beaucoup de talent. A l'écoute de ses compositions et à la vue de ses concerts, nul doute, ce multi-instrumentiste, qui a pris ses premiers galons au sein du folk / rock band Crash Test Dummies, n'en est pas dénué.

"Old Times Were Good Times", tiré de son album 03

     Ainsi, depuis 2000, Son of Dave nous délivre à intervalle régulier des petites pépites d'albums, sobrement intitulés 01, 02, 03 et... Shake a Bone ! Comme dans sa musique, mélange de beat-box et de blues, l'artiste cherche à surprendre son public, à l'amuser. Cette quête de la surprise, de l'imprévisibilité prend tout son sens en live, où l'idée de voir une personne assise jouer pendant 1h30 sans ennuyer les spectateurs cesse d'être une utopie. 

     Pour vous montrer l'étendue du talent de SoD, laissez-vous amadouer par cette reprise ambitieuse et de bon goût.

"Harder, Better, Faster, Stronger"

06/01/2012

Quand les marionnettes sortent de l'ombre





Depuis 2008 et la sortie de leur unique album, on attendait avec impatience des nouvelles du groupe formé par Alex Turner et Miles Kane. C'est aujourd'hui chose faite puisque Miles Kane, actuellement en tournée avec le groupe de collègue, a déclaré "qu'un nouveau disque sortira quand le moment sera le bon (sic), peut-être en fin d'année ou l'année prochaine (ouf)". Cela peut sembler lointain, mais si les nouveaux enregistrements sont aussi bons que les morceaux du premier opus, alors il y a des raisons de s'impatienter.


Pour rappel, le premier LP "The Age Of The Understatement" avait été enregistré par le fameux producteur James Ford et avec des arrangements pour cordes composés par le violoniste Owen Pallett (Arcade Fire, Final Fantasy). Un casting de jeunes premiers (Alex Turner fête ses 26 ans aujourd'hui) qui avaient réussi à sortir un album à la fois rock et classe (à l'image de l'artwork de l'album), jamais pompeux malgré tout les effets développés par l'orchestre.


Propulsé par ce single éponyme très efficace, "The Age Of The Understatement" avait atteint dès la première semaine de sortie le sommet des charts britanniques,une habitude avec le prolifique Alex Turner... On sera donc à l'affût de toute nouvelle qui tomberait à propos des futurs projets des deux ''marionnettes''. En attendant, on se délecte encore de la richesse du premier album, et notamment du rétro mais très beau "My Mistakes Were Made For You" : 





23/12/2011

Weekend en Transsylvanie ?

C’est bientôt Noël…et qui dit Noël dit aussi vieux barbu bedonnant, stress pour l’achat des cadeaux, partage de crise pour le foie gras et crise de foie pour ne pas avoir partagé le chocolat. Mais la période de Noël c’est aussi – et avant tout – une période de fêtes et donc de vacances. C’est le moment de se reposer, de perdre son sérieux, de se faire plaisir et de retrouver l’énergie perdue ces derniers temps à cause du froid (qui mettrait à mal nos défenses naturelles si on ne boit pas un certain yaourt… enfin on enquête là-dessus). Pour cela une seule solution s’impose :



« Holiday, oh holiday, and the best one of the year »





Auteurs d’un clip assez déjanté pour répondre ironiquement à leurs détracteurs (qui affirment qu’ils font trop « aristo » pour être rock), Vampire Weekend signe (une fois de plus) une grande composition dont ils ont le secret : ligne de batterie dantesque inspirée de la World Music des eighties et son de guitare singulier, couronnée par la voix haut perchée d’Ezra Koenig. Utilisée dans deux publicités autour du thème de Noël l’an dernier, les paroles nous rappellent que nous sommes en congé mais que l’été n’arrive que dans six mois…


Enfin les 4 New-Yorkais ont quand même trouvé le moyen de coller avec la période des fêtes : en tournant le clip les quatre musiciens ont dû recommencer tellement de fois la scène où ils mangent des sucreries qu’ils en sont tombés malades… Rock’n’roll !

18/12/2011

2006 : The Fratellis fraternisent avec le succès

     Qui aurait cru que les membres de The Fratellis, groupe évoquant à première vue une chaleur et un exotisme particulièrement latins, n'étaient autres que de bons vieux écossais de Glasgow ? En réalité, le nom The Fratellis est une petite référence à la famille de méchants malfrats sévissant dans le film The Goonies : peut-être un film de chevet pour les musiciens ? Côté effectifs, le groupe mise sur la simplicité et l'efficacité, en la présence de ses trois membres : Jon Fratelli à la guitare et au chant, Barry Fratelli à la basse et Mince Fratelli à la batterie. Un power trio élémentaire comme l'histoire du rock les aime ! Fondé en 2005, dissout en 2009, on ne peut pas dire que le groupe a battu des records de longévité, mais qu'importe, nous sommes là pour discuter musique ! 
     En effet, plus que des raisons qui ont poussé The Fratellis à se nommer ainsi, j'aimerais vous parler de leur musique, en particulier de leur premier album, Costello Music qui, sans en avoir l'air, représente tout de même 50% de la discographie du trio... 


     Rien qu'à la vue de la pochette de l'album, on comprend facilement les prétentions des Fratellis : faire du bon rock, tout en s'adonnant aux plaisirs de la chair et de la boisson, très finement symbolisés ici. L'idée est plaisante et reste fidèle aux principes édictés par nombre de groupes rock légendaires du passé. Les écossais semblent être à contre-courant des groupes actuels, souvent trop "people". 

     Les chansons présentes sur Costello Music tiennent les promesses engagées par sa pochette. Dès la première écoute, en présence d'Henrietta, nos tympans n'ont qu'à se laisser caresser par un riff de guitare finement distordue, appuyé par une section rythmique vivante et vivifiante, le tout complété par quelques cuivres. La voix aiguë (qui n'est pas sans rappeler parfois celle de Jack White) de Jon Fratelli finit de nous convaincre : nous avons affaire à un très bon début d'album.  Cette impression est confirmée à l'écoute de la suite du disque : The Fratellis se montrent doués dans la composition de titres très rock, très dynamiques, tels qu'Henrietta, Flathead (chanson phare de l'album) ou Chelsea Dagger, pour ne citer que ces chansons là. Voici pour vous la démonstration du talent incontestable des écossais :

Chelsea Dagger

     Il faut également avouer que les trois écossais sont bien entourés lorsqu'il s'agit de réaliser un clip... Mais n'allons pas croire que The Fratellis ne sont que de légers obsédés un brin voyeurs (après tout, qui ne l'est pas ?) !! Non, ces messieurs savent se montrer romantiques, et écrire des balades touchantes telles que Whistle for the Choir ou encore... Ah non, en fin de compte, sur 13 chansons, il n'y a qu'une seule balade. Le reste est définitivement rock n' roll, ce qui n'est pas sans nous déplaire puisque le trio affiche un savoir-faire dans ce genre de composition ! 
     Sur l'ensemble de Costello Music, The Fratellis procèdent, semble-t-il, de la même manière pour composer : un tempo élevé et enlevé, avec une batterie qui joue essentiellement sur les temps en alternant grosse caisse et caisse claire et coups de cymbale crash. Ajoutons à cela une basse dynamique, jouée au mediator, qui fait souvent office de deuxième guitare pour remplir l'espace sonore et Jon Fratelli n'a plus qu'à déposer ses riffs accrocheurs, souvent accentué par des cuivres discrets, et sa voix aguicheuse. La recette du succès n'a jamais été aussi simple !

     Si à l'écoute de l'album entier, certains pourront reprocher au Fratellis de se répéter par moment, on ne peut nier le fait que les trois écossais nous ont offert un disque qui, en gardant comme mots d'ordre l'énergie et le dynamisme, nous ramène aux meilleures bases du rock'n'roll. En ces temps pour le moins difficiles pour ce genre musical, mes amis, Costello Music des Fratellis est une bouffée d'air pur.


Flathead


11/12/2011

Crash Kings, au sommet de l'évolution du rock

         Donnons aujourd'hui un coup de projecteur sur un groupe pour le moins original. Mes amis, je veux bien sûr parler des américains du band rock Crash Kings. Comment définir le groupe en quelques mots ?

     Tout d'abord, Crash Kings, c'est un trio relativement original puisqu'il comprend un claviériste-chanteur (Antonio Beliveau), un bassiste (Mike Beliveau, son frérot), et un batteur (Jason Morris). Je vous entends déjà dire "ben alors, quid de la guitare ?", avec raison, d'ailleurs. En effet, quand on se veut rocker pur souche, dans la veine des grands groupes du siècle passé (ils citent volontiers Led Zeppelin, Queen, Deep Purple, The Beatles parmi leurs influences majeures - ils parlent également de Wham! en tant que petit péché mignon -), il semble incroyable de chercher à se passer de l'instrument qui est très souvent reconnu comme l'arme rock par excellence. Peu importe pour les trois californiens, Crash Kings est un "piano-rock trio", comme ils se plaisent à le répéter dans leurs interviews.


        Le groupe perpétue résolument l'héritage rock dans sa façon d'être, également. En témoigne son nom Crash Kings, qui a été prononcé lors d'une conversation entre les deux frères Beliveau au sujet du nombre incroyable d'accidents de voitures desquels ils sont réchappés : Rock n' Roll !        

        Une des spécialités du groupe réside dans ce goût, ce talent pour la reprise. A trois, les Crash Kings rivalisent d'ingéniosité technique pour réaliser des covers plus que réussis. Ce n'est plus un simple plaisir musical, c'est un spectacle visuel et auditif. Du génie à l'état pur, particulièrement dans l'utilisation d'effets - souvent réservés à la guitare - pour alourdir le son du clavier, voire celui de la basse. Crash Kings mise sur l'efficacité. 
      Voici pour appuyer mes dires un petit aperçu de ce que ces trois gars savent faire : un medley d'anthologie...

Evolution of Guitar - With No Guitar II


       Le trio est encore très récent : formé en 2006, il n'a sorti pour le moment qu'un album éponyme en 2009 qui a reçu un succès critique et commercial plutôt encourageant. Les Crash Kings sont encore jeunes et fringants et nous réservent donc encore bien des surprises pour l'avenir !

06/12/2011

Comment passer de Kings of Leon à Kings of Commercial en 5 leçons


   Je joins ici un petit manuel pratique visant à donner quelques conseils à quiconque serait désireux de vendre son âme d'artiste au grand capital, ou dans des termes un peu moins léninistes, de privilégier l'intérêt financier à l'inspiration. Cet article se veut polémique.

     Leçon n°1 : Sortir un premier album en béton.


Pochette de l'album Youth & Young Manhood (2003)

     Douze chansons (dont une savamment cachée, hu hu), douze blocs. Une voix criarde hors du commun, des guitares qui transpirent le bon vieux rock sudiste, pas de doute sur le fait que les quatre Followill (trois frères et un cousin) viennent tout droit de Nashville. Avec cette maquette, le bon rock retrouve une seconde jeunesse, et les KoL, tout de jean vêtus, affichant cheveux longs et moustaches dignes du Creedence Clearwater Revival de la grande époque, ne peuvent que séduire. La preuve en image : 


Molly's Chambers

     Leçon n°2 : Sortir un second album plus contrasté, mais sympa quand même.

    Douze chansons, 35 minutes d'écoute : premier hic. J'ai une règle stupide, quand la moyenne des durées des chansons d'un album est sous la barre des 3 minutes, eh bien je reste sur ma faim. Pour Aha Shake Heartbreak, c'est le cas, mais en me rappelant que le premier album dure 45 minutes, avec 7 minutes de blanc à la fin de la onzième chanson, je me montre plus clément. Je fais de même en ce qui concerne le style de l'album, beaucoup plus pop que son grand frère. Les KoL évoluent, et s'il est triste de dire adieu aux bonnes compositions sudistes, il faut avouer que le second album sonne plutôt bien et laisse encore plus de place à la grande voix de Caleb Followill.

Pistol of Fire

     En visionnant, il ne vous aura pas échappé le fait que les KoL ont certes évolué musicalement, mais aussi physiquement. En bien ou en mal, le débat reste ouvert, pour ma part je regrette que le chanteur ait troqué sa 'stache contre des oreilles d'elfe...
     Enfin, quoi qu'il en soit, c'était le bon temps.

  Leçon n°3 : Sortir un troisième album encore plus contrasté, presque contestable.

     Bon, jusque là on avait pardonné aux Kings of Leon leurs petits écarts de conduite, en gardant en tête le comportement exemplaire de leurs débuts. Mais là, c'est à croire que les américains testent notre patience !! La distorsion débridée a laissé place à la reverb entournante, et les arpèges de lycéen romantique, entrecoupés de riffs simplistes overdrivés à outrance, ont remplacé les bons gros accords de puissance. Bref, KoL abandonne le savoureux mélange de rock sudiste et de garage rock pour s'enterrer dans des sonorités beaucoup plus pop rock, voire post-punk. Mais le fait est que les Followill se montrent relativement talentueux dans ce qu'ils composent et  l'album Because of the Times finit par ressembler à quelque chose.
     Alors que fait-on ? Eh bien, on continue à leur pardonner, parce qu'on est sympa déjà, et qu'on a un bon a priori grâce au deux premiers albums... Et puis il y a quelques morceaux bons, tout de même, comme Black Thumbnail, ou Arizona... Bon, cette fois, ça passe pour Kings of Leon !!

Black Thumbnail, la chanson la plus hard de l'album
     
    J'aurais pu vous mettre un morceau beaucoup plus foireux, du type On Call, mais mon but n'est tout de même pas de couler les Kings of Leon !


     Leçon n°4 : Se maintenir dans le style de l'album précédent.

     On aurait pu croire que Because of the Times était un faux pas, mais à l'écoute de Only by the Night, tous nos espoirs s'effondrent. Fini, le rock couillu, place à la chanson pop par excellence. Finies, les tignasses informes mais tellement 60's, les moustaches et barbes eaglesques, place aux cheveux soigneusement gominés, à la barbe de trois jours délicatement retouchée. Les KoL semblent désormais passer plus de temps à soigner leur apparence que leur inspiration.
    Mais mon avis n'est pas celui de grand public, comme en témoigne le succès commercial incontestable de l'album... Qu'il en soit ainsi, il faut tout de même avouer que certaines harmonies sont plaisantes à entendre, et puis, on ne peut pas reprocher ici au groupe de ne pas évoluer... 

Sex on Fire

     Leçon n°5 : Se maintenir encore dans le style de l'album précédent. 

     On ne pouvait pas reprocher aux Kings of Leon de ne pas évoluer. Maintenant si. Je vous épargne une nouvelle écoute de chanson tirée de Come Around Sundown, qui ne ressemblerait encore que pâlement à la précédente... Quoique, il y a une chanson sympatoche qui mérite d'être entendue, tout de même. Musique :

Back Down South

     
    Pour résumer ce long article, disons que c'est un sentiment très humain, d'en vouloir aux Kings of Leon. En effet, les quatre garçons nous ont laissé espérer, en 2003 à la sortie de leur tout premier album, un renouveau du rock sudiste, viril à souhait. Et puis, tout doucement, comme si de rien n'était, ils se sont installés dans un registre bien plus pop, laissant de côté les complaintes du bon vieux gars du sud pour les mièvres ballades sentimentales (souvent vues et revues). 

    En une phrase, les KoL ont progressivement préféré aux fans de leurs débuts le public beaucoup plus fourni d'amateurs de musique "commerciale" ; il évident que les ventes d'albums ont dû grimper en flèche après ce choix stratégique. Et moi, pauvre fan de la première heure, je n'ai plus qu'à attendre chaque nouvel album avec l'espoir d'un retour aux sources des Followill. 

05/12/2011

La reprise du jour : "Just"

L'original : "Just" de Radiohead, sorti en 1995. Ce titre est un des grands singles indie des années 90's avec un riff de guitare très accrocheur, le tout étant camouflé derrière le style Radiohead et la voix caractéristique de son chanteur Thom Yorke.






La reprise : le très bon producteur Mark Ronson retravaille cette chanson pour lui des donner des accents plus groovy et beaucoup moins rock, avec des cuivres qui font leur apparition. Bien que le morceau soit facilement reconnaissable, notons quand même le fossé stylistique qui la sépare de l'original. A noter : le clip de la cover est un gros, mais alors très gros clin d'oeil à celui de Radiohead, et la reprise n'en est que plus savoureuse !