29/12/2011

Suburban War

2011 n'est toujours pas fini et, comme il ne se passe pas grand chose musicalement pendant ces périodes de fêtes, il est encore temps de faire des bilans sur l'année écoulée. Aujourd'hui, je me suis donc demandé quel clip m'avait le plus marqué lors de cette cuvée 2011 ; et la réponse m'est venue naturellement, sans être parasitée par les déhanchements provoquants des Rihanna & Co qui enlèvent une épaisseur à chaque nouveau single... L'heureux élu est le premier single de la jeune carrière du groupe électro Is Tropical, The Greeks


Pour l'anecdote, le film a été tourné dans une banlieue pavillonnaire de Paris... Admirons aussi au passage le jeu d'acteurs des gamins qui ont l'air de s'être pas mal éclatés. Problème : pour visionner leur chef-oeuvre sur YouTube, ils devront attendre d'atteindre l'âge de la majorité...

Le groupe du label Kitsuné a d'ailleurs bien réussi son coup puisque la vidéo avait bien tourné sur le Net, dépassant le million de vues en moins d'une semaine. Malgré le buzz provoqué, il faut bien dire que le premier album (Native To) des trois londoniens est passé inaperçu. Pourtant, le single, comme le clip était vraiment réussi...on pourrait presque croire que faire de l'électro sur un label à la mode ne fait plus vendre...


27/12/2011

Pour un hiver plus blanc que blanc...

Vous êtes déçus de ne pas avoir eu un Noël blanc ? Hé bien moi aussi. Heureusement, il existe une solution en quatre étapes. Suivez le mode d'emploi !


1_Un ciel blanc qui annonce la neige: 

White Sky - Vampire Weekend

2_De la neige : 

Snow (Hey Oh) - Red Hot Chili Peppers

3_Une activité bien trippante : des châteaux de neige (bien plus original que des bonhommes de neige...) : 

Castles In The Snow - Twin Shadow

4_Secouez le tout et vous avez un bel hiver bien blanc : 

White Winter Hymnal - Fleet Foxes

Pour terminer, j'espère - à défaut d'avoir apprécié les jeux de mots sur les titres de ces morceaux - que vous avez passé de joyeuses fêtes.

23/12/2011

Joyeux Noël, si vous le voulez bien !

     Voici pour vous, mes amis, un léger article, pour compenser le lourd repas du réveillon de Noël qui approche, à savoir une belle grosse dinde farcie qui vous attend sagement au fond du four avant d'être dégustée comme il se doit d'ici quelques heures !

     Pour rester dans l'ambiance des sapins, des petits papas noël, des traîneaux, des rennes et tout le tralala, je me permets de vous offrir une innocente petite chanson de Noël comme on aime en entendre en cette fin de mois de décembre, assis au coin de feu à regarder les flocons de neige recouvrir silencieusement le moindre pan de toits environnant... Comment ? Ai-je parlé d'innocence ?? Je pense que le terme n'est en fait pas très approprié en ce qui concerne Happy Xmas (War Is Over), chanson écrite par John Lennon (et Yoko Ono, accessoirement) ! 

    Composée au début des 1970's, cette protest song fait écho à la campagne de communication menée par le couple en 1969 pour protester contre l'implication hautement impopulaire des USA dans la Guerre du Vietnam. A l'époque, les deux tourtereaux avaient loué plusieurs panneaux publicitaires dans onze grandes villes mondiales pour y afficher "WAR IS OVER (If you want it) ! Happy Christmas from John et Yoko" !! Une performance d'engagement quasi-artistique ! Avoir transformé deux années plus tard cette action en chanson a permis d'une certaine façon de rendre éternelle cette performance pacifiste. A vous de faire résonner désormais les "War is over, if you want it, war is over now !" dans votre salon tout décoré de rouge et de blanc (John mérite bien cela) ! 


Weekend en Transsylvanie ?

C’est bientôt Noël…et qui dit Noël dit aussi vieux barbu bedonnant, stress pour l’achat des cadeaux, partage de crise pour le foie gras et crise de foie pour ne pas avoir partagé le chocolat. Mais la période de Noël c’est aussi – et avant tout – une période de fêtes et donc de vacances. C’est le moment de se reposer, de perdre son sérieux, de se faire plaisir et de retrouver l’énergie perdue ces derniers temps à cause du froid (qui mettrait à mal nos défenses naturelles si on ne boit pas un certain yaourt… enfin on enquête là-dessus). Pour cela une seule solution s’impose :



« Holiday, oh holiday, and the best one of the year »





Auteurs d’un clip assez déjanté pour répondre ironiquement à leurs détracteurs (qui affirment qu’ils font trop « aristo » pour être rock), Vampire Weekend signe (une fois de plus) une grande composition dont ils ont le secret : ligne de batterie dantesque inspirée de la World Music des eighties et son de guitare singulier, couronnée par la voix haut perchée d’Ezra Koenig. Utilisée dans deux publicités autour du thème de Noël l’an dernier, les paroles nous rappellent que nous sommes en congé mais que l’été n’arrive que dans six mois…


Enfin les 4 New-Yorkais ont quand même trouvé le moyen de coller avec la période des fêtes : en tournant le clip les quatre musiciens ont dû recommencer tellement de fois la scène où ils mangent des sucreries qu’ils en sont tombés malades… Rock’n’roll !

22/12/2011

Les albums de 2011 : Colour Of The Trap




Ovationné très justement par la critique, on pourrait incriminer la chance du débutant pour expliquer la réussite avec laquelle Miles Kane orchestre, du début à la fin, son premier album. Pourtant le jeune Anglais n’est pas à son coup d’essai. Ex-The Rascals, groupe indie dont le seul album fut suffisamment bon pour remarquer une première fois Mr. Kane, le chanteur-guitariste est aussi un grand ami d’Alex Turner qui lui a récemment proposé d’intégrer les Arctic Monkeys. Offre poliment déclinée alors que les deux hommes avaient déjà travaillé ensemble pour créer l’éphémère – mais excellent groupe – Last Shadow Puppets.
Miles Kane ne fait donc pas partie de ces chanteurs bidons qui sortent un album prometteur, font un petit tour et puis s’en vont : il maîtrise parfaitement la palette du chanteur pop, n’a rien à envier – ou presque – à ses aînés d’Oasis ou de Blur, et assume chacun des titres présents sur un disque au rythme soutenu et varié, alternant entre des petits brûlots rock, une légèreté pop et l’insoutenable obligation de la ballade.

Invité deux fois de suite Au Grand Journal par Denisot qui avait encensé le précieux objet au point de déclarer que c’était « l’un des meilleurs albums rock de la décennie », nous n’en dirons pas autant. On se contentera d’un « des meilleurs albums pop de l’année », ce qui n’est déjà pas si mal. Mais attention, on parle ici d’une pop raffinée (à l’image de son chanteur endimanché), dans la plus pure tradition britpop, bien loin de cette soupe mainstream servie par NRJ & Co que l’on qualifie aussi sous cette trop large étiquette « pop ».

Come Closer, premier titre d'un album efficace

Vous avez donc compris, ce disque est fait « à base de popopopop » mais n’oublie pas son côté rock’n’roll. Dès le premier extrait, Come Closer, le ton est donné par le batteur qui martèle avec conviction un rythme pas bien compliqué mais dont l’efficacité est accentué par des « ah-ah-ah-ah-ah-ah oh-oh-oh-oh-oh-oh » qui laissent résonner la mélodie dans vos têtes, et pour un bon bout de temps. Viennent ensuite Rearrange et My Fantasy, et autant de preuves du romantisme du talentueux britannique qui arrive à ne pas donner dans la soupe à la guimauve. On remarquera aussi le nerveux Inhaler, titre le plus rock de l’album qui rappelle ce que faisait Miles Kane sous l’ère The Rascals, ou encore l’épique Kingcrawler et sa cadence appuyée à grands renforts de percussions rappelant de grandes fêtes aborigènes. Ce qui est certain, c’est que Miles Kane a su éviter le piège (quelle que soit sa couleur….) de l’égocentrisme qui accompagne bien souvent la sortie d’un album solo pour nous en livrer un son image : humble mais classe.





21/12/2011

Le crime parfait

    Identité : Fun Lovin' Criminals. Motif : faire de la bonne musique. Verdict : coupable. 

    Formé en 1993 à New-York, ce groupe est pour le moins intrigant. Il est tout simplement impossible de le classer dans une catégorie musicale précise (l'on pourrait parler de hold-up stylistique...) ! Sur une chanson, l'on peut balancer entre le rock pur et dur et le hip-hop. Sur un album entier, on se perd entre les sonorités funk, rap, pop, voire jazz ! La musique des FLC est une fusion, un métissage grandiose de tout ce qui se fait de mieux en terme de style musical depuis un demi-siècle.

    Ce n'est pas chose aisée de puiser dans une demi-douzaine de genres musicaux pour aboutir à quelque chose de neuf, d'audible, à quelque chose qui ne soit surtout pas un mélange confus et imprécis. Ça l'est encore moins lorsque les vaillants artistes qui veulent relever ce défi ne sont que trois ! Pour ceux qui voyaient en les Fun Lovin' Criminals une bande plus massive, au réseau plus étendu, je suis désolé de leur apprendre que FLC, c'est surtout du chant, une guitare (rôle tenu par Huey Morgan), une basse (Brian Leiser), une batterie (Steve Borgovini) et quelques platines. Comme quoi, pas besoin de bataillons d'instruments pour composer de la musique qui se veut un petit peu circonstanciée !

   En somme, les Fun Lovin' Criminals, en sous-effectif pour des compositions surprenantes et survoltantes, nous font goûter depuis 18 ans à leur talent de l'arrangement. Depuis 18 ans, le crime - organisé - n'a jamais été aussi joliment défendu.

Scooby Snacks
Titre phare des FLC
Ecoutez attentivement les voix, il y a du Pulp Fiction là-dessous !

20/12/2011

L'ukulélé : cadeau de crise ou crise du cadeau ?

Petite devinette : qu’est ce qui est petit, facile à utiliser, disponible dans de nombreuses couleurs et qui a de fortes chances de se retrouver sous votre sapin le 25 décembre ? De la patte à modeler ? Un iPod ? Non, et ceux qui ont lu le titre de cet article connaissent déjà la réponse : je veux bien évidemment parler du ukulélé, instrument qui n’a jamais aussi populaire qu’aujourd’hui.


Evidemment, en France, on connaît le phénomène : après le passage de Julien Doré sur le regretté télé-crochet musical de M6, le ukulélé, fort de son exposition médiatique hebdomadaire et en prime-time, est soudainement devenu la nouvelle star. Avant 2007, c’était un parcours du combattant terrible, et souvent infructueux, pour trouver ce lointain cousin de la guitare dans nos contrées. Aujourd’hui il est devenu terriblement banal et tous les magasins de musique (ou presque) possèdent un « rayon » ukulélé bien garni. On y trouve des sopranos, des barytons, des électro-acoustiques, des électriques, des roses (pour les adolescentes qui veulent être "cool" alors qu’elles jetteront ledit instrument trois mois plus tard parce qu’au final ça abime le vernis à ongles) et même certains qui arborent – sans honte – les couleurs d’une célèbre éponge carrée ou d'une petite chatte japonaise…

Mais la vague ukulélé ne déferle pas que sur notre douce France ; la tendance est mondiale et partout les ukulélés s'arrachent : la marque Kala, par exemple, a vu ses ventes augmenter de 50 % en 2010 après une année de croissance à 75 %...des chiffres qui feraient pâlir les plus grands traders de la City. Et encore, d’autres comme Hohner annoncent une hausse des ventes de 300 % en 2010 ! Mais comment expliquer cette folie furieuse ?

Le premier argument est d’ordre économique. Aussi étrange que cela puisse paraître, ce petit instrument hawaïen profite de la récession persistante. Car le principal argument de l’instrument reste son prix : pour moins de 30 € on peut obtenir un ukulélé et, pour 30 € de plus, on a la qualité qui va avec. Ce prix si bas, c’est déjà ce qui plaisait chez les Américains lors de la Grande Dépression : pendant cette période, deux instruments seulement avaient vu leurs ventes progresser aux USA : l’harmonica et l’ukulélé, deux instruments à la fois bon marché et réputés facile à apprendre. Sans compter l'aspect exotique de l'objet et du son produit, véritable machine à bonheur. Alors l’ukulélé est-il simplement un palliatif aux instruments traditionnels lorsque le pouvoir d’achat se rétracte ? Et bien pas seulement, car si l’histoire se répète, c’est aussi grâce à YouTube. 

Facile à apprendre et facilement remarquable, l’ukulélé a donné de nombreuses idées aux réalisateurs et musiciens en herbe de la communauté web. Beaucoup se sont frottés à l’instrument traditionnel hawaïen mais peu ont réussi à ne pas se couvrir de ridicule...


En dehors de ces pseudo-musiciens (mais vrais échecs), les fabriquants de ukulélés ont surtout profité des reprises faites par un natif d’Hawaii, Jake Shimabukuro, qui a fait le buzz avec son instrument de prédilection. L’ukulélé-hero a même joué un concert pour la reine Elizabeth II… cela montre bien l’étendue de sa reconnaissance alors qu’il déclare lui-même : « les mots professionnel et joueur de ukulélé sont en quelque sorte un oxymore »

La vidéo du buzz et ses 9 millions de vues

Mais comme l’histoire récente nous l’a prouvé, les buzz sont éphémères (voir par exemple Michael Vendetta, Cindy Sander, Kamini, et encore j'en passe et des meilleurs…) mais l’ukulélé n’est pas mort, loin de là. Une véritable communauté s’est même créée, échangeant bon plans, concerts et tablatures. En effet, et c’est là que se situe la principale cause du succès du ukulélé : il est enfin pris au sérieux. Un exemple flagrant est le succès posthume de la chanson Over The Rainbow d’Israel Kamakawiwi’ole (hawaiien lui aussi, comme son nom l’indique) alors que celle-ci avait fait un bide total en 1993. Il faut dire qu’une personne  de 350 kg qui joue d’un instrument d’à peine 30 cm, cela avait de quoi faire sourire. En 2010, c’est l’inverse, on pleure, et cela fait vendre.

Le hit de 2010


Du ukulélé made in France

Et on remarque de plus en plus les groupes qui détiennent ce fameux instrument, surtout si ceux-ci s’y étaient mis avant la hype qui entoure dorénavant l’uke, son doux surnom. Cocoon mais surtout Dionysos l’utilisaient depuis bien longtemps mais ils ont su saisir leur chance lorsque la vague venue du Pacifique a déferlé. De même pour Thomas Fersen qui a carrément sorti un album centré autour de la « puce sauteuse », comme le suggère le mot ukulélé en hawaïen. Sur le plan international, personne n’a pu, l’été dernier, échapper au single Soul Sister de Train (qu’on entend plus depuis, preuve de l’effet d’aubaine ukulélé…) qui lui a valu un Grammy Award. Même le grand Eddie Vedder (ex-Pearl Jam) a sorti cette année un album au titre évocateur : Ukulele Songs... Enfin la passion autour de l’instrument est telle que des formations plus atypiques se créent, et je ne résiste pas à l’envie de vous parler du Ukulele Orchestra of Great Britain qui reprend de grands standards à plusieurs ukulélés pour un résultat…surprenant !


Longtemps vu comme un jouet plus que comme un réel instrument, l'ukulélé fait un come-back fulgurant et qui dure depuis quelques années. Facile d’accès, peu cher et tendance, l’ukulélé a tout pour plaire. Mais maintenant, c’est au tour du Père Noel d’en juger…