Petit avis aux amateurs de blues : Jack White, que je n'ose plus présenter, sortira en avril prochain un album solo intitulé Blunderbuss, ce qui en français signifie simplement ''tromblon''. Et comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, voilà un premier titre, Love Interruption, en écoute ici : http://www.jackwhiteiii.com/
C'est épuré, c'est du blues et c'est Jack White ; bref, tous les éléments sont réunis pour qu'une petite pépite sorte en avril prochain !
Chaque année, en janvier, on a le droit à quelques traditions inamovibles : la belle gueule de bois le 1er janvier, la galette des rois et, surtout, en fin de mois, les NRJ Music Awards. Alors évidemment, l'évènement est rodé : arrivée des stars en Hummer, salle magnifique et public chauffé à blanc ; en bref, de l'entertainment pur et dur, ou comment faire du show à l'américaine avec les chansons bretonnes de Nolwenn Leroy.
C'est justement là que le bât blesse. Pour faire très mal. Bien sûr la plupart des artistes savent chanter et faire le show puisque c'est le coeur de leur métier. Mais l'émission, devant tout ce gigantisme, ce grand guignolesque autour d'artistes qui ne font pour la plupart que de suivre des tendances déjà bien ancrées avec l'appui d'une armée de producteurs, a dû mal à créer autre chose que du vide. Il suffit de regarder la prestation de LMFAO, le groupe à tubes de l'année : pas d'instruments sur scène, un chanteur tout sauf charismatique qui ne saute plus qu'il ne chante et un public composée de 3500 groupies qui explose à chaque "let's go" balancé par l'interprète chevelu.
On ne compte plus les blagues ratées des invités venus autant pour remettre des récompenses que pour relancer une carrière qui s’essouffle (Patricia Kaas qui se prend pour Piaf puis Madonna), les discours faussement improvisés des heureux (!) lauréats (voir la grosse cace'dédi de Keen'V, qui pour la première - et la dernière - fois de sa vie gagne quelque chose) et les performances variables des différents protagonistes. A ce sujet, Matt Pokora a chanté "A nos Actes Manqués" pour une performance qui demeurera...un acte manqué.
Côté récompense pas de surprise : entre les habitués (Rihanna, Shakira, Matt Pokora et Shy'm qui aurait aussi dû avoir un trophée dans la catégorie "pouffitude" avec sa robe en sucre glace ) et les petits nouveaux sur-entendus tout au long de cette année (LMFAO, Adele), NRJ a quand même eu la décence de ne pas récompenser le blanc-bec Bieber, qui a lancé le top départ de la soirée sous les cris de jeunes filles en fleur affublées du drapeau canadien...
Au final, on a l'impression d'assister à la même émission depuis 10 ans, avec des stars qui prennent bien soin de remercier NRJ afin que leurs chansons ne dégagent pas de la grille éditoriale de la toute puissante radio... Devant autant de superficialité (c'est fou comme tout le monde aime tout le monde une fois sur scène), on remerciera TF1 de nous avoir bien fait rire une année de plus, de ne pas avoir récompensé Coldplay (une fois n'est pas coutume) après leur dernier opus répugnant et de ne pas avoir avoir invité Colonel Reyel, qui aurait pourtant bien mérité sa place dans ce gotha de la médiocrité. Rendez-vous l'année prochaine !
A l'occasion de la fashion week, et parce que nombreux sont les artistes présents lors des défilés (comme Vampire Weekend en début de semaine, ou de façon plus régulière, Kanye West), voici deux chansons mythiques pour nous rappeler que la haute-couture, et surtout les mannequins, sont une source d'inspiration (ou plus si affinités) pour les rockstars...
Fashion - David Bowie
Dans Fashion, Bowie s'en prend aux modes superficielles, trop courtes pour être comprises et significatives. C'est aussi un des derniers grands titres de l'Anglais, puisque les années 80 qui suivront seront musicalement plus difficiles pour le chanteur...
The Model - Kraftwerk
Ce titre, un des plus connus de Kraftwerk, raconte sobrement la journée chargée d'un mannequin de haute-couture. C'est aussi la première chanson allemande à se classer en tête du hit-parade anglais en 1978.
A la vue d'un titre aussi loufoque, je ne doute pas une seconde que vous, mes fidèles amis, ayez cru à une commande au bistrot du coin, le lendemain d'une soirée fort bien arrosée pour fêter la naissance du petit dernier de la cousine par alliance du beau-frère de votre tante préférée (celle qui vous donnait des chocolats après l'école, à l'époque !).
Je sens déjà les regards se faire de plus en plus suspicieux à la lecture de ces premières lignes : "Hein ? Quoi ? Du lait un lendemain de cuite ? C'est du suicide pur, Hendrix est mort à cause de ça !". Il est donc grand temps d'arrêter de vous raconter des petites histoires à vous rendre nostalgiques de votre dernière réunion de famille dans le Berry. Le titre tiré par les cheveux de cet article fait référence à une chanson de Blur, Coffee & TV. En fait, pour être honnête, il fait surtout allusion à l'excellent clip réalisé par le groupe pour ce morceau.
Avant de se délecter des belles images de Coffee & TV, troisième piste de l'album 13 sorti en 1999, rappelons que Blur, groupe britannique mené par le charismatique Damon Albarn, est une des formations les plus prolifiques des 1990's. Fervent défenseur d'un style britpop qui montre une nouvelle fois (encore) le génie anglais en matière de musique, Blur, au-delà de ses compositions légendaires Girls & Boys, Song 2, The Charmless Man, etc etc, est également très connu pour sa rivalité avec l'autre groupe de britpop par excellence, Oasis. On ne se lasse d'ailleurs pas de lire les petites piques que les leaders de chaque groupe se sont adressés depuis 20 ans !
Dans ce débat sans fin, à l'avantage de Blur à mon humble et partial avis, il faut tout de même avouer que "ces petites tantouzes de Blur" (si l'on veut emprunter le vocabulaire recherché de Liam Gallagher) décrochent la palme du clip le plus galactique. En tout cas, le prix NME Premier Award du meilleur clip décerné en 2000 à Coffee & TV confirme nos dires... Action !
C'est la vedette d'Internet depuis cet automne et la mise en ligne de son clip Video Games (qui dépasse aujourd'hui allègrement les 20 millions de vues). Tous - critiques, présentateurs TV, internautes - se l'arrachent et tous, la jugent : beaucoup la voient au sommet quand d'autres, de plus en plus nombreux, crient au scandale devant cette chanteuse qui ne pourrait être qu'une poupée contrôlée par les maisons d'édition...Seule certitude, Lana Del Rey ne laisse pas indifférent et les propos qui circulent sont mitigés à l'extrême : tantôt élogieux jusqu'à la dithyrambe, tantôt rabaissants voire cruels, les internautes ne mâchent pas leurs mots sur l'un des plus gros "buzz" - si ce n'est le plus gros - de l'histoire du haut débit et de la fibre optique. Pourtant, l'artiste new-yorkaise faisait l'unanimité il y a encore un mois de cela ; Lana Del Rey serait-t-elle victime du "syndrome Myspace " qui explique que toute ascension instantanée vers la gloire est immédiatement suivie d'une descente aux enfers tout aussi rapide ?
Video Games, la vidéo qui a tout lancé
Lorsque paraît Video Games, rien ou presque ne se sait sur cette Lana Del Rey. C'est un nom nouveau, la musique est envoûtante, le clip semble "fait maison" et personne n'a de préjugé sur cette chanteuse inconnue. Résultat : la vidéo est un succès sur YouTube, devient virale sur les réseaux sociaux et beaucoup pensent avoir découvert "the next big thing" avant les autres. D'autres titres tombent ensuite au compte-gouttes et le phénomène, qui emprunte autant au hip-hop qu'à l'indie music, ne tarde pas à soulever de nombreuses questions. Quand sortira l'album ? Sur quel label ? Tout cela n'est-il qu'une promotion marketing fort bien déguisée ?
L'album sort lundi prochain sur le petit label Stranger Records et, au vu des premières chansons parues sur le Net, la galette s'annonce plutôt bonne. Mais là n'est pas le problème. En effet, les détracteurs de la jeune Américaine lui reprochent surtout son irrégularité sur scène. Malgré un bon passage au Grand Journal devant un Thierry Ardisson conquis, elle a effrayé les spectateurs du Saturday Night Live avec un show...hum...non en fait il n'y a pas eu de show :
Des fausses notes, des manières agaçantes et une présence scénique paradoxalement absente : voilà ce qui a conduit certains Américains à conclure que la prestation de la belle Lana était peut-être la pire prestation depuis le début du Saturday Night Live, pourtant réputé pour diffuser des interprétations de haut vol. Pourtant, et contrairement à beaucoup d'artistes révélés grâce aux réseaux sociaux, elle semble déjà avoir une certaine expérience de la scène, comme le montre cette vidéo tournée en 2009 dans un café new-yorkais :
A l'époque, on sent déjà une certaine timidité sur scène, pour celle qui affirme qu'elle "est davantage une artiste studio". On ne peut que la croire. Mais ce qui déplaît aux fans, et surtout à ceux de la première heure, c'est que Lana Del Rey a caché son passé de chanteuse qui écumait The Big Apple sans masque, puisqu'elle tournait sous son vrai nom : Lizzy Grant. Pour de certains internautes, Lana (ou plutôt Lizzy) a trahi leur confiance ; la reproche est facile et plutôt stérile car nombreux sont les chanteurs qui n'ont pas ou ne jouent pas avec leur véritable nom : David Bowie, Madonna, Lady Gaga... Mais ce qu'on apprend surtout, c'est que Lizzy est la fille d'un millionnaire qui soutient activement sa fille. Certains remettent alors en cause l'authenticité des premiers clips "do it yourself", soulignent une possible opération chirurgicale au niveau des lèvres (pour mieux coller aux standards actuels...), dénoncent une campagne de marketing rondement menée et possible uniquement grâce à l'argent de papa.
Cependant, rien ne dit que toutes ces accusations soient vraies. Et, même véridiques, elles n'enlèvent rien à la virtuosité des premiers morceaux publiés : peu importe le moyen, tant qu'on a la fin. D'ailleurs, le dernier morceau paru se nomme ironiquement Born To Die, comme si la chanteuse savait qu'elle n'était qu'un buzz, un de plus :
Encore une fois, le morceau est bon ; mais la question est de savoir si celle qui se définit comme une "Nancy Sinatra gangsta" sortira un album cohérent, enivrant de la première à la dernière seconde. Ce n'est pas gagné, car la jeune femme semble un peu à court d'inspiration puisque des accusations de plagiat, soulevées par la RTBF, planent sur Video Games, le titre qui l'a révélée. On l'accuse en effet d'avoir fortement pompé sur ce morceau de variété grec, sorti 20 ans plus tôt :
L'artiste arrivera-t-elle à dépasser toutes ces accusations ? C'est tout le mal qu'on lui souhaite, car si les critiques musicaux et les internautes sont à l'affût de la moindre erreur, nul doute que le succès critique et commercial de son premier album déterminera la suite de sa prometteuse carrière.
Born To Die est-t-il un nom prophétique ? Lana Del Rey n'est-t-elle qu'une capricieuse enfant gâtée rêvant de célébrité plutôt qu'une artiste sincère ? Premiers éléments de réponse le 30 janvier.
Le célèbre rappeur Jay-Z a promis, dans un poème (oui oui, un poème !) dédicacé à sa fille, qu'il n'utiliserait plus le mot "Bitch" dans ses chansons. La tâche semble difficile, mais pour sa nouvelle progéniture, le bad-boy new-yorkais est prêt à tout : la preuve, sa fille se prénomme Blue Ivy Carter...Et Jay-Z nous démontra que le ridicule ne tue pas.
Evidemment, cela nous rappelle Josh Homme, le leader des Queen Of The Stone Age qui, depuis qu'il est père, refuse de chanter la chanson "Feel Good Hit The Summer" - qu'il a pourtant lui-même écrite - parce qu'il n'y parle que de drogues...
Enfin pour fêter cet heureux évènement et la reconversion de Jay-Z en chanteur d'opéra lyrique, on vous propose un petit panel des morceaux qu'il ne pourra plus chanter :
"Bitch" - The Rolling Stones :
"Cold Hard Bitch" - Jet :
"Back Off Bitch" - Guns N' Roses :
"Queen Bitch" - David Bowie :
"Bitch" - Rinoçérôse :
"B.I.T.C.H." - Plasticines :
Ne faites pas comme Jay-Z et profitez bien de ces chansons outrancières en les chantant très fort et très faux, pour que vos voisins les apprécient aussi !
A l'occasion d'une réédition pour les 40 ans de l'album mythique L.A. Woman, qui fête cette année... son 41ème anniversaire, le label Elektra s'est permis de déterrer ce morceau du côté des tombes du Père-Lachaise. En dehors d'un aspect promotionnel réussi, on apprécie les teintes très bluesy du titre, fidèles à l'esprit de cet album qui n'a toujours pas pris une ride. Le clavier ragtime de Ray Manzarek est enjoué et accompagne parfaitement la voix d'un Morrison écorché vif. Un morceau qui aurait grandement mérité sa place sur la galette originelle.